Cher Papa,

 

Comment décrire la peine dont nous sommes tous et toutes affligés ? Et comment aussi réduire toute la vie d'un si grand homme en quelques mots ? Rien ni personne, même pas la mort, ne pourront effacer en chacun de nous l'empreinte que tu as laissée. Ta disparition est si brutale et fatale que nous sommes tous sans voix. Mais nous sommes tous ici réunis pour célébrer la mémoire d'un héros, de mon héros. Je suis sûre que tu souhaitais pour ce que tu appelais ta « dernière demeure » la plus grande simplicité et, pourtant, regarde tout ce monde qui te respecte, t'admire, te chérit. Je n'utilise pas ici le passé car je veux que tu restes avec nous, que tu sois encore et encore honoré, que tu restes battant et vivant comme tu l'as toujours été tout au long de ta vie.

Pourtant, la vie ne t'a pas toujours été favorable : provenant d'un milieu modeste, il a fallu que tu connaisses la guerre, la séparation de tes proches, la course à l'argent pour élever les tiens, les souffrances causées par leur disparition. Mais, malgré tout cela, tu t'es relevé à chaque fois, remportant alors de nouvelles batailles, rêvant et espérant. A nous trois, nous avons donné forme au nom Fruitier dans le monde colombophile, tu as mis plus de trente ans pour monter sur les plus hautes marches du podium ces dernières années.

Tu laisses à cette action l'image d'un homme fort, courageux, grand, généreux, avec son franc parler et sa sincérité, aimant et aimé, vois-le aujourd'hui.

Maintenant, c'est à notre tour d'être forts pour toi et je ne cesserai de crier haut et fort ce que tu étais vraiment : un colosse, mon berger.

J'ai été égoïste de penser que tu n'étais un homme important que pour moi et, en voyant toutes les marques d'affection apportées depuis jeudi, je comprends que j'ai eu tort : tu es un homme important pour toutes les personnes présentes ici. Maintenant, je demanderai à tous les colombophiles possédant des pigeons de chez nous de continuer à les jouer, de les pousser le plus loin possible afin qu'ils gagnent, que vous puissiez dire que les Fruitier sont toujours là et afin que l'image du colombophile international reste dans les mémoires de chacun de nous à jamais.

Je veux maintenant te remercier pour tout ce que tu as accompli pour nous : tu es un époux, un père, un ami, un confident, un mentor, un conseiller, un colombophile, un flic, un monument, notre héros... et nous ne t'oublierons jamais, tu restes gravé dans nos cœurs.

Ta disparition fait un immense vide dans nos vies mais comme tu ne cessais de dire : « Les mauvaises herbes ne meurent jamais », alors, reste avec nous Papa, nous avons encore besoin de toi. Repose en paix, nous t'adressons notre amour pur et éternel.

 

 

Mélanie

 

[Lettre lue durant les funérailles civiles du mardi 26 Mars 2013]